Vers les cimes !

Balades photographiques d'un accompagnateur en montagne

Gravir le toit de l'Europe (1/3)

Rédigé par Guillaume, le .


C'est au mois de juin dernier, que Charles, un copain des marches d'orientation, me propose de faire l'ascension du Mont-Blanc avec lui, au coin de la table, entre deux bouchées. Il cherche un compagnon de cordée et à défaut, il pense se louer les services d'un guide. Le Mont-Blanc ! Je me sens très honoré par une telle demande et j'accepte avec beaucoup d'enthousiasme. A ce moment là, la haute montagne était un univers totalement inconnu, mystérieux, fascinant et aussi inquiétant. Un véritable défit à relever, tout un parcours a faire avant de nous lancer dans la grande ascension.

La technique

Pour poser le pied sur un glacier, il faut d'abord s'équiper d'un minimum de matériel, un véritable petit attirail en fait : crampons, casque, piolet, baudrier, mousquetons, poulies, broches à glace, corde et cordelettes. Et je dois ensuite apprendre le b-à-ba de la sécurité en haute montagne en utilisant tout cet équipement. Faire, défaire et refaire les nœuds usuels pour s'encorder et faire les mouflages occupent une bonne partie de mon temps. Pour la mise en pratique, la remorque chargée de bois dans le jardin de Charles nous rend de grands services.

Il faut ensuite penser à la préparation de nos organismes à l'altitude. Heureusement, la Suisse n'est pas loin. Suffisamment sommets y culminent à plus de 3000 mètres pourque des débutants comme nous puissent trouver des courses sur glacier à leur portée.

Le premier 3 000 mètres

En voiture avec Josiane et Charles pour notre première préparation aux Diablerets. Ma première sortie en haute montagne, mon premier glacier, j'ai été impressionné par les paysages de roche et de glace, si sauvages. Ici, point de sentier ou de balisage. L'homme se réduit à une fourmi laissant quelques traces pour ses congénères.

Après la marche d'approche sur la moraine et un peu d'escalade, nous rejoignons le bord du glacier. Mise en place des crampons, et de la cordée, cette fois-ci, c'est pour de bon. L'attaque du glacier se fait sur une pente assez raide, de quoi mettre un novice comme moi mal à l'aise. Pourtant il suffit d'avoir confiance dans le matériel : avec les crampons, les pieds sont presque comme boulonnés sur la glace. Sorti de ce passage un peu délicat, nous nous laissons dépasser par des cordées plus expérimentées et nous voilà en train de marcher sur le glacier, contournant des crevasses dont on ne voit pas le fond, zigzaguant pour venir à bout des pentes les plus raides. Les effets de l'altitude se font sentir, mon souffle s'accélère, mes pas se raccourcissent. Nous hissant petit à petit sur cette étendue blanche, la croix du sommet se montre enfin et j'accomplis ainsi l'ascension de mon premier faîte de plus de 3 000 mètres. Et il y foule au sommet : nous retrouvons les cordées plus rapides de tout à l'heure, ainsi que d'autres montées par d'autres voies.


Au sommet des Diablerets


A gauche, le Sex Rouge, à droite le Becca d'Audon ou Oldenhorn


Le glacier des Diablerets


Dans le fond de vallée, le village des Diablerets, à droite le Sex Rouge

Le premier 4 000 mètres

La semaine suivante, nous partons aux confins du Valais avec Jean-Georges, à la rencontre de l'Allalinhron. L'approche se fait depuis le village de Saas Fee. Nous montons par un premier téléphérique, suivi d'un second, pour terminer par le «metro alpin» qui nous hisse à quelques 3456 mètres. A la sortie du tunnel, nous nous retrouvons parmi des hordes de skieurs qui rejoignent les pistes ouvertes tout l'été.

En ce beau dimanche ensoleillé, nous sommes nombreux à faire cette ascension. Nous marchons tranquillement et surement. A mesure que nous montons, la pente se raidit nettement. Nous franchissons quelques roches et nous voilà sur l'arête sommitale. Il y a des cordées partout, on fait la queue pour se prendre en photo à la croix du sommet. Je suis même consterner de trouver ici des resquilleurs qui veulent passer avant les autres, alors nous râlons en évitant de faire des plats de nouilles avec les cordes. Enfin, je ne boude pas mon plaisir d'avoir fait mon premier 4 000 mètres. Les panoramas sont grandioses, on peut voir bon nombres de sommets, dont le Mont Blanc, mais ça c'est autre histoire, à suivre…


Au sommet de l'Allalinhorn


Le glacier qui domine le village de Saas-Fee

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Mots clés : Suisse, photographie, Alpes

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Guillaume

Accompagnateur en Montagne. Émerveillé par les trésors de beauté de la Nature qu'il immortalise au travers de la photographie. Passionné, il aime partager et faire découvrir ce qui le touche avec les personnes qu'il accompagne au fil des randonnées.